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« Une CPTS, c'est d'abord un espace de rencontre et d'échange. Et si on veut faire changer les choses, il faut s'investir. »
Antoine Dupont, pharmacien à Bédée, coprésident de sa MSP, membre administrateur de la CPTS de Brocéliande
Portrait : Antoine Dupont, pharmacien
1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots : votre parcours, votre rôle et vos fonctions ?
Je suis pharmacien, associé à Bédée depuis 2011. En réalité , je suis arrivé sur le secteur de Montfort en 1981, je suis le gars du coin, très attaché à son « Pays » » Mon engagement tient beaucoup de là. Je suis cogérant de la MSP de la Vaunoise (Bédée-Pleumeleuc-Breteil). J'ai aussi été administrateur de l'association ESSORT devenue depuis AVECSanté Bretagne, et je suis élu syndical pour la profession de pharmacien.
2. Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous investir comme administrateur de la CPTS de Brocéliande ?
D'abord un constat : en tant que pharmacien, je n'ai pas toutes les clés pour agir sur la santé de mes patients. J'ai les leviers du médicament — mais quand on s'arrête là, on peut vite se sentir frustré. Le vrai problème de madame Machin, ce n'est pas toujours le médicament. C'est souvent autre chose. Et cet « autre chose », c'est précisément ce que la CPTS permet d'aller chercher.
Mais avant tout, c'est une histoire de rencontres. Quand on a commencé à me parler du médico-social, je n'y connaissais rien — mais alors rien de rien ! J'ai eu envie de m'y intéresser. Une CPTS, c'est avant tout un espace de rencontres et d’échanges, comme le disait déjà Marine Fraval-Le Moal dans son portrait.
Je m'intéresse aussi beaucoup à la vie associative de la CPTS, notamment à la transparence dans l'utilisation des fonds et à la manière dont nous construisons sa représentation. Pour moi, cette démocratie associative est essentielle.
3. En quoi votre regard de professionnel apporte-t-il une valeur particulière à la CPTS ?
Ce qui caractérise notre CPTS, c'est qu'elle est née de la volonté des professionnels du territoire — on ne nous l'a pas imposée. À l'origine, associations et Maisons de Santé travaillaient chacune de leur côté. Puis un jour, Sebastien Bellec (kinésithérapeute à Saint-Méen-le-Grand) a proposé qu'on se rassemble pour répondre ensemble à un appel à projets : seuls, on n'était pas assez forts. C'est ainsi qu'est née l'Inter-Pôles qui a porté plusieurs projets avant que la structuration en CPTS ne s'impose comme une évidence — plus sécurisante, avec des budgets fléchés et la possibilité de recruter Noémie Lelièvre, l’actuelle directrice de l’association, qui a fait un travail conséquent au moment de la préfiguration de l’association.
J’observe que le territoire n’est pas uniforme avec une palette de communes allant d’ une typologie rurale et vieillissante à des secteurs à la démographie plus dynamique. Mais j'ai aussi été frappé, en arrivant sur ce secteur, par le nombre de salariés de l'agroalimentaire — chez de grandes entreprises comme la Cooperl à Montfort souffrant de troubles musculo-squelettiques (TMS), bien plus qu'ailleurs. C'est précisément ce type de réalité de terrain qui justifie une coordination pensée à l'échelle de chaque bassin de vie, et non uniforme sur tout le territoire.
4. Quel projet de la CPTS vous tient particulièrement à cœur, et pourquoi ?
Le « sport santé », sans hésiter. C'est un vrai serpent de mer sur le pays de Brocéliande depuis longtemps, mais j'ai bon espoir qu'on y arrive enfin. J'ai toujours eu une affinité pour tout ce qui touche au maintien en bonne santé par l'activité physique, et notamment l'activité physique adaptée. C'est un sujet qui me tient à cœur parce qu'il agit en prévention, bien en amont du soin — exactement le type de projet qu'une CPTS est en mesure de porter, en fédérant les bonnes volontés du territoire autour d'un objectif commun. J'espère vraiment qu'on pourra le faire aboutir dans les mois qui viennent.
5. Quel message aimeriez-vous adresser aux professionnels ou partenaires qui hésitent encore à s'impliquer dans la CPTS ?
Venez au lieu de grogner ! (sourire). J'entends souvent des confrères pharmaciens, ou d'autres professionnels, dire que « c'est nul », que « ça ne sert à rien ». Mais je crois profondément que si on veut faire changer les choses, il faut s'investir. Notre plus grande force, c'est justement ça : tous ceux qui l'ont construite, et qui continuent à la faire vivre. Il faut qu'on ne cesse de faire venir du monde — c'est aussi ce qui nous permettra de faire perdurer nos actions, dans un contexte où rien n'est jamais acquis. C'est un enjeu important pour l'avenir, mais je l'aborde avec confiance : notre force, c'est ce collectif qu'on ne cesse d'élargir.