
« La CPTS permet de créer une véritable interconnaissance entre des professionnels du sanitaire, du social ou médico-social, libéraux ou salariés. »
Marine Fraval-Le Moal, cadre territoriale ADMR 35, membre administratrice de la CPTS de Brocéliande
Portrait : Marine Fraval-Le Moal, ADMR 35
1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots : votre parcours, votre rôle à l'ADMR et sur le territoire de Brocéliande ?
Je suis actuellement cadre territoriale à la fédération ADMR 35, en poste depuis mars 2023 sur le pays de Brocéliande. Titulaire d'un Master en économie et gestion des établissements sanitaires et sociaux et d’une maîtrise en santé publique, j’ai auparavant exercé en pédopsychiatrie et dans la protection de l'enfance. Aujourd'hui, j’accompagne les cinq associations locales ADMR du territoire dans leur fonctionnement quotidien, leurs enjeux RH, leurs projets et leur vie associative, tout en encadrant une équipe administrative et en veillant au respect du projet associatif et des valeurs de l'ADMR.
2. Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous investir comme membre administratrice de la CPTS de Brocéliande ?
C’est un engagement qui s'est construit naturellement, au fil des liens tissés entre l'ADMR et la CPTS de Brocéliande — Avec Noémie Lelièvre, Directrice de la CPTS, nous sommes arrivées sur le territoire la même année, en 2023. Devenir administratrice de la CPTS, c’est à la fois une suite logique aux collaborations déjà engagées et un choix personnel : la CPTS permet à l'ADMR de s'inscrire pleinement dans les projets territoriaux, et réciproquement, nous partageons nos compétences et nos moyens au service de projets collectifs.
3. En quoi le regard et l'expertise de l'ADMR apportent-ils une valeur particulière à la CPTS ?
L'ADMR intervient auprès de tous les publics, de la naissance à la fin de vie. L'association a été souvent perçue comme étant avant tout dédiée aux personnes âgées. Nous intervenons aussi sur le champ de la Petite Enfance et la périnatalité qui fut un des premiers domaine de coopération avec la CPTS. Nous intervenons également sur les enjeux d'autonomie et de vieillissement, en lien étroit avec les infirmières de Parcours de personnes en Fragilité (PEF). Les sollicitations viennent de tous horizons : bénéficiaires, familles, médecins, infirmiers, centres communaux d'action sociale ou d’autres partenaires du territoire. Au-delà de sa présence institutionnelle, l'ADMR peut aussi mobiliser concrètement ses professionnels — par exemple ceux du service famille, sur un projet autour du refus scolaire anxieux — pour transformer les projets de la CPTS en actions concrètes. Je crois aussi que ce lien privilégié entretenu entre l'ADMR et les élus locaux est un atout pour mieux faire connaître la CPTS auprès des collectivités.
4. Quel projet ou quelle action de la CPTS vous tient particulièrement à cœur, et pourquoi ?
Plus qu'un projet en particulier, c'est la dynamique territoriale elle-même qui me vient en tête. A la CPTS, j’ai rencontré des médecins et d'autres professionnels que je n’aurai probablement jamais croisés dans mon activité quotidienne. Ayant travaillé en région parisienne, où sanitaire et social restaient souvent cloisonnés, je vois dans le pays de Brocéliande la preuve qu'une coopération réelle entre ces secteurs est possible — et fonctionne.
5. Quel message aimeriez-vous adresser aux professionnels ou partenaires qui hésitent encore à s'impliquer dans la CPTS ?
Pour moi, l'un des enjeux majeurs reste la visibilité du travail réalisé par la CPTS et ses partenaires : les habitants voient les actions abouties, mais rarement tout ce qui se joue en amont — coordination, réunions, échanges, construction des projets. Je crois qu’il faut encore développer les temps de rencontre entre professionnels de secteurs différents. J’évoquerai même l'idée de la création d'un comité d'éthique réunissant les secteurs du sanitaire, du médico-social et du social à l'échelle du territoire. Une manière de rendre visible cette « toile » territoriale qui se tisse jour après jour, et d'inviter chacun à venir y prendre part.