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Contexte national : comment va la santé mentale de nos jeunes ?
Etude Mentalo (enquête nationale pilotée par l’Inserm auprès des 11–24 ans, résultats intermédiaires publiés en octobre 2025) : environ un tiers des jeunes présente des signes de troubles anxieux ou dépressifs et un jeune sur sept souffre d’une détresse psychologique sévère, avec de fortes disparités selon le genre : 45 % des filles contre 27 % des garçons.
EnCLASS 2022 (enquête menée par Santé publique France auprès de plus de 9 000 collégiens et lycéens, publiée en avril 2024) : si la majorité des élèves se déclarent en bonne santé, seule la moitié présente un bon niveau de bien‑être mental (59 % des collégiens et 51 % des lycéens). Par ailleurs, 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression, 21 à 27 % déclarent un sentiment de solitude, et près d’un lycéen sur quatre rapporte des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Ces indicateurs traduisent une dégradation progressive de la santé mentale au cours de la scolarité, plus marquée chez les filles.
Et dans tout ça, le Refus Scolaire Anxieux, qu'est-ce que c'est ?
Le Refus Scolaire Anxieux (RSA), aussi appelé phobie scolaire, constitue une manifestation particulièrement préoccupante. Selon l’Association Phobie Scolaire, le RSA se définit comme « une impossibilité pour l’enfant ou l’adolescent de se rendre à l’école, liée à une anxiété intense, souvent exprimée par des symptômes somatiques ou des réactions de panique ».
Il ne s’agit ni de désobéissance ni de désintérêt pour la scolarité, mais d’un symptôme complexe, polymorphe et multifactoriel.
Selon les estimations actuelles, 1 à 3 % des enfants et adolescents seraient concernés par un RSA, tandis que jusqu’à 25 % des élèves pourraient être confrontés, au cours de leur scolarité, à des épisodes de troubles anxieux scolaires plus ou moins intenses.
L’absence de repérage et de prise en charge précoce expose ces jeunes à un risque élevé de décrochage scolaire, de chronicisation des troubles et d’aggravation de la souffrance psychique.
En intégrant le RSA dans son projet de santé, la CPTS s’inscrit dans une logique de prévention des ruptures de parcours et d’investissement précoce dans la santé mentale des adolescents, avec un impact attendu au‑delà de la période scolaire, sur la construction de la future vie d’adulte.
À l’origine du projet
Depuis la signature de son projet de santé en décembre 2022, la CPTS de Brocéliande s’est inscrite dans une logique intersectorielle et pluriprofessionnelle en associant :
- L’Education Nationale et l’Enseignement catholique
- Les professionnels de santé libéraux et de la pédopsychiatrie publique
- Les collectivités locales, notamment les structures porteuses de services jeunesses et du Conseil Local en Santé Mentale
- Les autres acteurs investis auprès des publics jeunes, notamment We Ker et les centres sociaux ou espaces de vie sociale
Cette dynamique s’est traduite par la mise en place de temps de rencontres, de sensibilisations, de formations et de groupes de travail, avec pour objectifs :
- Améliorer le repérage du RSA par tous les professionnels et son diagnostic par un médecin
- Elaborer des outils pour la mise en place d’un parcours
- Identifier les ressources locales susceptibles de participer à ce parcours
- Créer un tiers-lieu pour accompagner les jeunes en RSA et leur famille